Actus du MSJ IB_7444__2011

Published on février 28th, 2013 | by MSJ

0

Lettre du Recteur Majeur au MSJ 2013


IB_7444__2011

Allez et témoignez de la joie de la foi 
Apprenez à être heureux en devenant disciples du Christ 
et missionnaires des jeunes

Lettre aux jeunes du MSJ

Bien chers jeunes,

Avec cette lettre, je voudrais me rapprocher de chacun et chacune de vous. Je voudrais vous communiquer la grande affection que j’ai pour vous et vous dire le rêve constant que je conserve dans mon coeur : que vous puissiez être pleinement heureux en gardant en vous toute la plénitude de l’humanité du Seigneur Jésus, en exprimant dans votre vie une entière adhésion aux valeurs de l’Évangile et en en donnant le témoignage. Je vous écris en un moment où l’on parle beaucoup de Nouvelle Évangélisation. Dans de nombreux pays, Dieu semble être devenu un inconnu, une personne dont on peut se passer. C’est justement pour cela qu’aujourd’hui, résonne plus fort encore le commandement de Jésus : «Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples…  Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,19.20). La mission que Jésus nous indique est un terrain plein de défis, mais riche aussi de grandes opportunités. Elle constitue un chaînon providentiel entre l’invitation pressante de Benoît XVI à l’Église universelle, afin qu’elle vive avec intensité cette Année de la Foi, et le cheminement que notre Famille Salésienne a entrepris vers le Bicentenaire de ma naissance.

Permettez-moi de vous dire que, même à mon époque, les temps étaient difficiles. Le Valdocco était une véritable terre de mission… Mais la présence ressentie de Jésus et de Marie dans les fatigues du service éducatif comblait mon coeur de joie. De cette terre de mission, comme vous le savez tous, sont partis de nombreux jeunes missionnaires pour évangéliser des peuples et des terres lointaines. C’étaient des jeunes qui avaient grandi à l’Oratoire et qui ont écrit de magnifiques pages d’histoire, offrant généreusement leur vie pour l’éducation, la promotion humaine et l’évangélisation de nombreuses générations de jeunes. Cette histoire faite de fidélité et de générosité, Chers Jeunes, continue aujourd’hui avec vous tous et c’est un défi pour vous. Dans ce livre, manquent les pages que vous seuls pouvez écrire. C’est votre heure !

L’enseignement de Jésus résonne encore de nos jours avec la même force : «Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle » (Jn 6,27). La question posée par tous ceux qui l’écoutaient est la même que celle qui résonne en nous aujourd’hui : «Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Nous connaissons la réponse de Jésus : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jn 6,28.29). L’œuvre de Dieu en vous est d’être des disciples qui accueillent avec amour la Parole de Dieu et, en elle, rencontrent le Christ Jésus. Être des apôtres qui la transmettent joyeusement est la vocation de tout chrétien. En effet, la foi augmente dès l’instant où nous nous rendons disponibles pour la transmettre à d’autres. Évangéliser, c’est votre vocation, Chers Jeunes !

Évangéliser signifie mettre dans la pâte un levain capable de changer la mentalité et le cœur des personnes et, à travers elles, les structures sociales, de manière qu’elles soient plus conformes au projet de Dieu. Il ne s’agit pas d’une activité intimiste ; évangéliser, c’est provoquer une vraie révolution sociale, la plus profonde, la seule efficace. Pour évangéliser, il faut avoir une motif : être « amoureux » de Dieu, avoir fait l’expérience de son amitié et de son intimité. Dans ce mouvement, l’attention doit se concentrer avant tout sur notre cœur, exactement là où se forment les pensées et les choix : le cœur doit être désencombré de toute pollution. Cela réclame de la transparence, la capacité de rentrer en soi-même et de mettre à plat devant le Seigneur les motivations les plus vraies de nos comportements. La vérité de nos gestes réclame la pureté de nos motivations.

L’envie de communiquer la Bonne Nouvelle naît de la surabondance du coeur d’une personne qui a été saisie par Jésus : une personne profondément intégrée et unifiée autour de l’unique amour pour Dieu. Il s’agit d’un amour unique parce que central, unique parce qu’il a priorité sur toutes les autres affections du coeur. L’authentique chercheur et témoin de Dieu a le coeur pur. Il est celui qui, plus que tout autre chose, recherche de tout son être le Royaume de Dieu et sa justice. Me souvenant de ma propre vie, je dois vous dire que depuis ma jeunesse, je demandais une seule chose au Seigneur : « Da mihi animas ! Donne-moi de travailler pour toi, pour le salut des jeunes ! ».

 

IB_7448__2011

Avant que l’Évangile n’occupe votre esprit et ne soit la cause de vos fatigues, il devra donc être accueilli dans votre vie et devenir la source de votre joie. Jésus ne confie pas son Évangile à ceux qui ne lui ont pas donné leur vie. Seuls des disciples authentiques peuvent être des apôtres crédibles. Le monde des jeunes, vous le savez bien, est une terre de mission exigeante. Sortez donc de votre minuscule, étroite et asphyxiante coquille et entrez dans le vaste monde de Dieu. Il vous ouvre tout grand les portes d’une grande mission pour que vous puissiez sortir de vous-mêmes et trouver les grands espaces, pour que vous puissiez aller au large vers de nouveaux horizons, ceux pour lesquels Dieu vous a pensés et rêvés. Ces horizons ne sont pas nécessairement loin de vous. Dieu vous appelle surtout à traduire et à incarner votre foi dans le quotidien, dans ce quotidien qui, s’il n’est pas fortifié par la lumière de la résurrection, est capable de broyer le coeur de l’homme.

Beaucoup de jeunes, vous le savez très bien, « n’habitent pas leur propre coeur » mais vivent « distraitement ». Ils sont attirés par mille choses ; ils s’aventurent sur mille sentiers et, surtout, ils sont tyrannisés par un tas de choses qui les dominent. Ils habitent « ailleurs », partout, mais non pas dans leur coeur, avec, comme conséquence, de ne pas rendre possible la rencontre avec Dieu qui se réalise justement dans ce lieu aussi précieux, aussi personnel et aussi secret qu’est notre coeur. Dans le coeur de chaque personne, en effet, existe une blessure, une grande douleur qui demande à être écoutée, comprise, guérie. C’est pour cela que Jésus a besoin aujourd’hui encore de disciples capables d’écouter le coeur des gens, spécialement des jeunes. Des disciples capables de comprendre, parmi les joies et les peurs de ces jeunes, leur envie, pas toujours exprimée, de s’approcher du Christ et de le rencontrer. Seul le disciple qui a une relation profonde avec le Seigneur Jésus peut saisir, parmi tous ceux qui le cherchent, ceux qui désirent vraiment partager sa propre expérience de Dieu.

Le disciple qui suit Jésus est appelé à faciliter la rencontre avec Lui de tous ceux qui veulent le voir, le connaître, l’aimer. C’est une mission délicate et merveilleuse ; et si ce n’est pas vous qui le faites, Chers Jeunes, qui présentera à Jésus les rêves et les besoins de vos camarades, de vos amis ? Qui leur fera voir Jésus ? C’est à vous de montrer à vos amis Jésus comme la lumière qui éclaire le sens de leur recherche, comme la voie qui conduit au coeur du Père, comme la vérité qui réchauffe le coeur pour vivre la vie avec passion. Vous êtes le feu d’une nouvelle Pentecôte qui brûle et atteint tant d’autres de vos amis. Ensemble vous pouvez lutter pour la liberté là où elle manque, pour la paix là où elle est menacée, pour la justice là où elle est bafouée, pour la solidarité là où elle est le plus nécessaire. Vous pouvez être la conscience critique de la société dans laquelle vous vivez. Levez-vous donc, sortez de votre cénacle et allez car le monde a besoin de vous.

Mais souvenez-vous toujours que seul le Christ est capable de guérir et d’assainir les déchirures profondes et douloureuses du coeur des jeunes. Donc pour que cette rencontre s’avère féconde, il faut accepter d’entreprendre un cheminement particulier : il est nécessaire de passer de l’admiration pour Jésus à la connaissance de sa personne, et de cette connaissance à l’intimité avec lui, de cette intimité, arriver à tomber amoureux de lui et, de là, se mettre à sa suite et l’imiter.

La rencontre initiale se transforme enfin en une rencontre véritable quand Jésus « se laisse voir » et que sa Parole met à nu le coeur de l’homme, le libérant de perceptions masquées, faussées, de Dieu, d’une vision non correcte de soi-même, des autres, des événements. C’est ce qui est arrivé aux deux disciples d’Emmaüs (Lc 24,13-35). Ils marchaient, le visage triste et le coeur déçu, parce qu’ils avaient vécu avec Jésus et que cette vie avec lui avait suscité en eux les meilleures espérances. Mais sa mort en croix avait enterré toutes leurs attentes et leur foi. Le long du chemin, Jésus se fait leur compagnon de voyage, partageant leur tristesse et leur amertume et, en même temps, leur dévoile le sens des événements en leur relisant les Écritures. Il met son pas au diapason d’une recherche patiente et douloureuse, ouvrant progressivement les yeux de leur esprit et de leur coeur à l’intelligence de son ministère, de l’histoire et du monde. Leur recherche est sincère mais leurs yeux pour contempler le Ressuscité s’ouvrent seulement quand il refait le geste qui l’identifie le mieux : « rompre le pain ». Cette découverte est le fruit de leur recherche qui se serait avérée impossible sans l’explication des Écritures et un signe concret de la part de Jésus. C’est surtout un don : ils « le reconnurent » parce que Jésus « se fit reconnaître ». Le fait de reconnaître Jésus en la personne de l’hôte est le moment culminant de la rencontre mais non point le dernier. Il y a un pas de plus qui manifeste la fécondité de la rencontre personnelle avec Jésus : celui qui nous entraîne de la communion à la mission, de l’expérience personnelle – « notre coeur n’était-il pas brûlant en nous » – au témoignage –« ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem où ils trouvèrent réunis les onze Apôtres ». Les disciples retournent là où se déroulait habituellement leur vie, mais avec un regard neuf et un coeur nouveau.

Vous aussi, mes Chers Jeunes, vous ne pouvez pas vivre votre foi en solitaires. Notre salut se trouve en dehors de nous-mêmes ; nous ne le trouvons pas dans la science, dans l’économie ou dans la politique, mais seulement en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous. Retournez donc, avec un regard neuf et un cœur nouveau, sur le lieu où Jésus, aujourd’hui, se rend présent et habite : l’Église. Allez à la rencontre de la communauté des croyants, de ceux qui proclament Jésus comme leur Seigneur, la famille de ses disciples, de ceux qui partagent avec Lui sa vie et sa mission. Chers Jeunes, il se peut que dans le contexte humain de l’Église, beaucoup de choses vous déçoivent. Il se peut même que vous vous y sentiez incompris, pas pris au sérieux. C’est vrai, l’Église nous déçoit et nous trouble parfois, mais elle nous fascine toujours parce qu’elle est une réalité dont les frontières passent au-dedans de nous, parce qu’elle est l’étreinte affectueuse d’une mère pour nous, le lieu visible de notre identité, le lieu de rencontre avec le Dieu de Jésus-Christ et avec les hommes considérés comme nos frères et sœurs.

Écoutez donc les paroles d’un père qui a souffert mais qui a toujours aimé l’Église : non, Chers Jeunes, ne vous séparez pas de l’Église ! Aucune réalité n’est aussi riche d’espérance, de compassion, d’amour. Elle ne vieillit jamais : sa jeunesse est éternelle. Elle est la continuation, la demeure, la présence actuelle du Christ, le lieu où il dispense la grâce, la vérité et la vie dans l’Esprit. C’est là qu’il rompt le Pain de la Parole et c’est là qu’il offre les dons précieux des sacrements, en particulier la Réconciliation et l’Eucharistie. Sans l’expérience qu’ils contiennent, la connaissance de Jésus s’avère inadéquate et pauvre. Ils sont la vraie mémoire de Jésus : de ce qu’il a accompli et qu’il accomplit encore aujourd’hui pour nous, de ce que cela signifie pour notre vie. Dans la Réconciliation, nous expérimentons la bonté de Dieu qui est la source de notre liberté intérieure et qui reconstruit et perfectionne le tissu de notre vie : les yeux s’ouvrent sur une nouvelle création et nous voyons ce que nous pouvons devenir selon le projet et le désir de Dieu. C’est le sacrement de notre avenir, plutôt que de notre passé de pécheurs. Dans l’Eucharistie, que la communauté chrétienne célèbre chaque jour, est dressée une double table où le croyant fortifie sa vie et se nourrit de l’unique Seigneur qui est Parole et Corps brisé. Dans l’Écriture et dans l’Eucharistie, l’Église reconnaît, accueille, assimile le Corps du Seigneur et s’édifie elle-même comme tel.

À ces dons qui sont offerts par l’Église comme une grâce, vous devez unir un comportement constant de contemplation et de prière. La contemplation, qui se fait prière, veut dire demeurer ouvert à toute la plénitude que le Père veut répandre dans vos coeurs, à travers son Saint Esprit. Pour vous aujourd’hui, évangélisateurs et éducateurs des jeunes du troisième millénaire, la Parole proclamée et partagée, contemplée dans la prière, est indispensable pour grandir dans la foi. Foi qui doit se faire écoute du cri des pauvres, des abandonnés, des exclus, et se traduire en gestes de charité concrète qui rendent visibles Dieu et son Amour.

C’est dans cet amour reçu gratuitement que se fonde l’urgence de l’évangélisation. C’est seulement d’un grand amour que peut jaillir une grande passion pour le salut des autres et la joie de partager la plénitude d’une vie enracinée en Jésus. Celui qui a rencontré le Seigneur ne peut pas demeurer en silence : il doit le proclamer. Se taire signifierait le tuer une seconde fois. Allez donc, Chers Jeunes, disciples du Christ, et montrez au monde que la foi procure un bonheur et une joie véritable, pleine et durable.

En ce Bicentenaire de ma naissance, je veux renaître avec vous pour continuer à faire des jeunes ma raison de vivre, mon précieux héritage, ma mission. Avec vous, je veux les aimer de l’amour même que nous pouvons puiser dans le coeur du Bon Pasteur. C’est possible, même si les conditions sociales et culturelles ont changé. Comme à mon habitude, je n’aurai pas recours à des formules abstraites, théoriques ou idéologiques mais plutôt à la pédagogie de la bonté qui place l’éducation dans un continuel processus d’adaptation, de conversion humaine, spirituelle, pastorale, sachant accueillir tous les changements mais en les rattachant aux raisons les plus vraies et les plus profondes de la croissance humaine et de la maturation chrétienne. Je suis de plus en plus convaincu que l’éducation est une affaire de coeur ou, mieux, que le coeur doit être éduqué parce que c’est sur l’amour que les jeunes jouent leur vie.

En cette Année de la Foi, je veux être avec vous dans cette merveilleuse mission qui implique toute l’Église. À chacun de vous, je dis les mêmes paroles que je répétais à mes jeunes du Valdocco: « Je n’ai qu’un seul désir, celui de vous voir heureux en ce monde et dans l’éternité ». Pour que vous soyez heureux et que la Bonne Nouvelle du salut soit accueillie par tous, tâchez de vous faire aimer. Pour que le monde croie et qu’en croyant il soit sauvé, tâchez de vous faire aimer. Pour que tombent les murs de la division, des préjugés et du rejet de l’Église, tâchez de vous faire aimer. Pour que toi, jeune croyant et missionnaire du Christ, puisses être heureux, crédible et influent, tâche de te faire aimer ! Ensemble, pour les jeunes, nous serons en souplesse des annonciateurs courageux de l’Évangile. C’est ainsi que je vous rêve, mes Chers Amis : « jeunes pour les jeunes », compagnons et témoins de Jésus, pleins d’enthousiasme pour tout ce qui touche à la vie mais profondément enracinés dans la vie du Seigneur Jésus.

En cadeau pour mon Bicentenaire, je confie de tout mon coeur mes paroles à Marie, Mère de Jésus. À elle« qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1,45), et qui s’est offerte elle-même à Dieu, pour l’amour de son Fils et de ses enfants. Que Marie, inspiratrice et soutien de notre Famille, réveille le coeur filial qui dort en tout homme, l’homme nouveau et le peuple nouveau, l’Église. Chers Jeunes, que Marie Immaculée Auxiliatrice vous accorde un sens profond du Christ, un grand amour apostolique pour communiquer les richesses de son mystère, une intelligence créative et une compétence pédagogique pour éduquer vos amis à la foi dans le Christ. Voilà pour vous, la façon de répondre aux défis de la Nouvelle Évangélisation. Que Marie, la Mère de Jésus, et notre Mère, intercède pour que notre témoignage de croyants et d’éducateurs soit toujours crédible.

Je vous bénis, je vous donne rendez-vous pour les Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro, à la mi-juillet, et je vous salue en vous embrassant tous avec mon affection de père, de frère et d’ami.

Valdocco, 31 janvier 2013

123

 

Be Sociable, Share!


About the Author



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑